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13/12/2011

La forêt du Gabon (1)

Nous sommes dans une forêt primaire du Nord Est du Gabon, celle du Parc National de l’Ivindo.

Quittons la dalle gréseuse du camp de Langoué et, après une marche de quelques dizaines de mètres, nous sommes dans un autre monde, celui de l’ombre et des arbres, le monde du sous-bois. Notre vision horizontale est forcément limitée, en revanche l’odorat et l’ouie prennent une place que rarement nous leur accordons: des sens moins intellectuels que la vue, mais très proches des fondements de la nature humaine.

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© Jake Bryant / envirofoto.com

L’odeur du sous-bois n’est nullement désagréable, sans être pourtant enthousiasmante: parfum de feuilles mortes et de terre humide, de champignons et de bois pourri. Chant des cigales au-dessus de nous, chant des oiseaux dans le lointain, qui serre le cœur.

La grande faune est là, intacte, mais nous ne voyons que les traces des animaux, celles du potamochère et de la panthère, du gorille et de l’éléphant, accompagnées d’énormes crottins où germent les arbres de la forêt future. Fortes odeurs animales.

Ce matin le sous-bois est calme, serein, presque totalement dépourvu d’insectes, et nous nous y déplaçons sans donner un seul coup de machette. D’ailleurs Toussaint, notre guide, n’est armé que d’un sécateur, dont il use rarement, avec beaucoup d’élégance.

La fraîcheur, la paix, le silence, tout cela dont le monde actuel est si avare et que l’on croyait disparu, on le trouve ici, dans un sous-bois du centre de l’Afrique.

F. Hallé

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© Jake Bryant / envirofoto.com

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12/12/2011

Au petit jour à Langoué

5H45 sur les marches du carbet principal. Le jour monte petit à petit. Le ciel au-dessus de notre clairière est laiteux, le soleil ne sortira que dans une heure. On l’a rarement la journée entière ici. Des oiseaux jacassent dans les arbres, leurs chants arrivent de partout, certains sont mélodiques, d’autres monotones. Je ferme les yeux, c’est un véritable bain sonore. Il y a aussi le ronronnement de la petite rivière dans le fond, des crissements d’insectes, le bourdonnement constant de nos fameuses et trop fidèles abeilles, des gouttes d’eau qui éclatent sur le rocher, dans des seaux. Patrick le cuistot revient de la rivière avec deux seaux d’eau. Ajouter maintenant des bruits de gamelles dans mon dos, le petit déj’ se prépare. Tout le monde dort encore au camp. Les toits en bâches se confondent avec la brume qui descend maintenant et estompe le sommet des grands arbres. La température est agréable, à l’estime 25°, juste bien. Jusqu’à présent nous n’avons pas trop souffert de la chaleur.

Au-dessus de moi, un oiseau flûteur s’invite au concert, des perroquets rétorquent aussitôt. On sait depuis peu que l’on peut estimer l’état de santé d’une forêt à la complexité et la diversité des chants d’oiseaux, d’insectes, de singes qu’on peut y entendre, une synthèse mélodique en quelques sortes, je dirai plutôt une symphonie. Cette forêt est en pleine forme, je comprends Francis lorsqu’il dit n’avoir jamais imaginé il y a cinquante ans que la forêt puisse être menacée un jour. On ressent un sentiment de force ici, inexpugnabilité et par rebond une idée de la puissance des outils de l’homme, une pensée à Claude Lorius et à l’Anthropocène.

L’air est frais, des odeurs mêlées d’humus, de fleurs et d’humidité, je partage à cet instant le désir de certains créateurs de parfums d’imiter cette fragrance particulière qu’a le matin ici, juste après la pluie.

Des silhouettes émergent sporadiquement dans le bas du camp: les petits gestes du matin, torse nu, peaux blanches ou peaux noires, une serviette de toilette sur l’épaule, au milieu de la forêt. Prendre sa douche dans la rivière est un luxe que je souhaite à beaucoup.

Tout est calme, je laisse partir mon regard dans la profondeur de la clairière, c’est agréable d’écrire ainsi, deux minutes de contemplation, une phrase… Percevoir le monde par tous ses pores, toutes ses sensations pour essayer de le raconter, de le faire aimer comme je l’aime à cet instant précis.

Je vous souhaite une bonne journée depuis la forêt de Langoué.

Luc Jacquet

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©luc jacquet

Le camp de Langoué

Nous sommes au Nord-Est du Gabon, dans la lourde chaleur des latitudes les plus basses, à 70 km au Sud de la ligne équatoriale.

La dalle de grès sur laquelle est bâti le camp date de plus d’un demi-milliard d’années, et nous sommes ici sur un socle cristallin qui compte parmi les plus anciens de toute l’Afrique, de 2 à 4 milliards d’années.

La forêt entoure le camp: une dizaine de cases aux toits de tôles, ou de feuilles protégées par des bâches de plastique, car il tombe ici 1.700 mm d’eau par an – contre 750 mm à Paris.

Mon rythme est lent, j’ai du mal à écrire, les feuilles de papier me collent sous les bras, je perds beaucoup de temps à chasser les abeilles venues boire ma sueur. Sur la dalle, devant la case, j’admire un groupe de papillons superbes, de nombreuses espèces en mélange.

A Langoué, nous sommes aux environs d’une vie intense, animale et végétale; une vie qui n’a nullement besoin de nous, mais dans l’intimité de laquelle nous pouvons être admis: c’est une question de tolérance, de patience et d’humilité.

Francis Hallé

 

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08/12/2011

Jour 6

Nous partons au lever du jour chercher le héros du film, le moabi, le plus grand arbre d’Afrique. Une patrouille nous en a signalé un, à un peu près un kilomètre du camp. Pour la première fois nous voyons le soleil se lever, en général les matins sont très brumeux. Marcher en forêt à cette heure est un délice d’odeur et de chants d’oiseaux. Pas simple de trouver un arbre précis dans cette forêt! Toussain, notre guide, fouille le sous-bois près du point qu’on lui a signalé. En chemin des traces d’éléphants énormes, la piste d’un léopard, des cris de chimpanzés dans le lointain. Toussain sort du bois, sans un mot, on est suspendus à ses lèvres…il l’a trouvé, il est magnifique. Nous peinons à le suivre parmi les troncs couchés, les lianes. Nous croisons une ruche sauvage dans un tronc, un point GPS de plus, revenir ici filmer.

Le Moabi est là devant nous, le plus grand arbre d’Afrique. Je suis touché par sa puissance, un nom, des discussions cet été avec Francis dans son bureau, des images de livres deviennent réalité. Il  a des traces d’éléphants tout autour, de l’écorce frottée où des traces de boue subsistent. Au sol, déjà quelques fruits, pas encore mûrs, de grosses prunes à la chair jaune qui sentent la brioche. Francis remonte les racines qui courent au ras du sol. Toussain nous dit que les grands animaux (gorilles, éléphants) ont une véritable carte mentale des arbres et des dates de fructifications. Ils passent de l’un à l’autre comme un paysan qui surveille son verger.

Le fût est très imposant, une colonne parfaite profondément striée par une écorce épaisse qui crée un effet de perspective magistral. Dans les jumelles, le feuillage en étoile dessine des motifs de paravents dans le bleu du ciel, là-haut dans la canopée.

Nous allons transférer tout notre matériel ici. Francis a pour mission de trouver des jeunes pousses alentour. Nous tenons le deuxième fil du film, le plus important, celui qui va nous donner le tempo. Deux kilomètres de portage nous attendent maintenant, puis de l’installation de cordes -l’araignée sur son fil-, les premières images ne seront possible que demain dans la journée.  Nous ne sommes vraiment pas grand-chose à l’échelle du pays des arbres.

Luc Jacquet

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© Jake Bryant / envirofoto.com

Le moabi

Nous quittons le camp de Langoué à 7 heures du matin; le GPS se révèle inefficace et Toussaint ne trouve pas la bonne piste. Il nous faudra trois heures, et un autre guide, avant de voir le Moabi. Nous le cherchions depuis notre arrivée sur le camp.

Il est impossible de le confondre avec un autre arbre: il est unique par son énorme tronc cylindrique sans contreforts, son écorce noire profondément anfractueuse, ses longues branches horizontales et ses feuilles disposées en étoiles. Surtout, il est unique par sa beauté et son incomparable majesté qui fait de lui un véritable monument.

Baillonella toxisperma – c’est son nom scientifique – est de très loin le plus grand arbre d’Afrique; il atteint 70 mètres, plus haut que les tours de Notre Dame de Paris. Le Moabi a été exploité depuis l’époque coloniale, pour son magnifique bois rose aux reflets mordorés, au mépris des traditions africaines; car en Afrique Centrale cet arbre est activement recherché pour ses fruits dont la pulpe jaune rappelle celle de l’avocat, et plus encore pour l’huile que l’on retire de ses graines. La compétition est rude avec les éléphants, qui apprécient ces fruits autant que l’être humain. Les pygmées Baka vouent à cet arbre une sorte de culte: ils l’utilisent pour se rendre invisibles! Victoire: au début des années 2000, le Gabon interdit l’abattage des Moabis.

Vivement demain: nous montons sur notre Moabi.

Francis Hallé

IMG_6262.jpg© Jake Bryant / envirofoto.com

                                                           

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Jour 5 - Le 5 décembre

C’est mon anniversaire, j’ai 44 ans aujourd’hui, un regard au lever du jour par dessus la forêt sur vingt ans de voyages et de films, d’aventures familiales. Je me souviens de mes 25 ans en fin d’hivernage en Terre Adélie, ce jour-là, j’ai arrêté de vieillir…

Repérage de la forêt avec Francis, les arbres par sa bouche se mettent à raconter des histoires.

Il a repéré un dragonnier. Il nous montre des plans d’ébène, très peu sont noirs, seuls le sont ceux contaminés par un champignon, un arbuste de la famille des caféiers, le strychnos, cette liane qui contient la strychnine de sinistre réputation, l’okoumé cette richesse du Gabon, héros des magasins de bricolages sous forme de contre-plaqué. Au pied de l’okoumé, une résine parfumée suinte, entêtante, de la famille des myrrhes et de l’encens. Je m’en poisse les doigts, envouté par cette odeur de térébenthine et de pin. Voyager en forêt avec Francis c’est traverser un monde d’odeurs, sans cesse des feuilles froissées portées aux narines.

On rejoint l’équipe caméra, ils sont assaillis par les abeilles, tout est installé, mais la tête télécommandée ne marche pas. Ben se bat. Je continue le repérage avec Francis, un sifflement, on nous rappelle, ça marche. Premier mouvement ascendant de la caméra le long d’un figuier étrangleur de 35m. Je suis ému. «Bon anniversaire», me dit Ben.

Pour l’heure, l’ascension de la caméra se fait par traction manuelle, l’idée est de voir «l’effet que ça fait» selon la position caméra le long du tronc. Tout le monde se relaie à la poulie, ce petit jeu est épuisant. Côté image, on essuie les plâtres, question stabilité, mouvement. Ben prend des notes, imagine des perfectionnements, comme chaque fois on ajuste les outils qui vont nous permettre de réaliser ce prototype unique qu’est un film.

Avec ce plan on tire le premier fil du film, l’histoire du figuier étrangleur. Déposé dans une crotte d’oiseau à la cime de l’arbre support, la graine de figuier va germer en l’air puis  envoyer ses racines vers le sol. Chaque fois que deux racines se touchent, elles se soudent aussitôt, créant petit à petit un carcan qui va étouffer l’arbre support. C’est très impressionnant dans cette forêt car les arbres supports sont très gros, ça évoque un combat à mort où deux géants se tiennent par la gorge. Ici l’issue est toujours fatale pour l’arbre support. Nous avons repéré plusieurs de ces duels à plusieurs endroits de la forêt, à des stades plus ou moins avancés.

Luc Jacquet

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© Jake Bryant / envirofoto.com

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Jour 4

Ce matin, Ben, Cédric et Yanick ont assuré les portages du matériel de grimpe au pied d’un  grand arbre repéré la veille. Ces trois là sont dans une forme incroyable. Ils divisent par deux tous les temps de trajets avec des charges énormes sur le dos. L’objectif est d’équiper un grand arbre repéré la veille. Pour passer la corde sur une branche «basse» à 30 mètres du sol  Ben use d’une énorme fronde qui projette un fin filin. Neuf tentatives lui sont nécessaires. Après il arrime une corde fixe puis monte comme sur un fil d’araignée. Yanick assure sa sécurité au sol, lui envoie les amarrages. Il pose trois cordes pour assurer l’ascension de la caméra, tisse un assemblage complexe. Tel est son talent de cordiste, ces spécialistes des travaux acrobatiques, précieux auxiliaires des chercheurs et des cinéastes en forêt.

Nous le retrouvons avec Aurélie et Gérard accroché dans une des hautes fourches de l’arbre, grâce à lui nous allons pouvoir filmer «en pied» les grands arbres de la forêt primaire. Francis décrit volontiers le sol du sous-bois comme le local poubelle de la forêt, nous allons enfin aller voir là où se concentre toute la biodiversité: au sommet des arbres.

Francis et Jean arrivent au camp en milieu de journée. Ils débarquent en quad accompagnés des gardes du parc qui viennent en renfort. A trois sur un quad, ils sont couverts de boue. Ils ont fait un voyage incroyable. Le contrôleur a oublié de les réveiller à la gare d’Ivindo dans le train de nuit qu’ils ont pris depuis Libreville. Du coup, ils se sont réveillé 200km plus loin perdus dans une gare au milieu de la forêt à 6 heures du matin. Par chance un train chargé de grumes de bois repartait dans l’autre sens, ils ont pu voyager dans la locomotive qui a mis plus de six heures à faire le trajet. Francis, couvert de boue, relève l’ironie. C’est un train de bois coupé qui lui a permis d’arriver en forêt primaire. Deux jours et demi qu’ils voyagent, ils sont épuisés, ils se jettent dans le ruisseau qui fait office de douche ici.

La première chose que Francis me dit en foulant les roches qui affleurent dans le camp: «ce sont les plus vieilles roches du monde, elles constituent le socle du gondwana, le continent primordial, elles ont quatre milliards d’années». L’ensemble des continents est parti à la dérive, mais ces roches là n’ont pas bougé; le nombril du monde?

Ben sort de la forêt, il a fini d’équiper l’arbre, il avait prévu deux jours, il n’a pas mis une journée. Trois patrouilleurs gabonais du WCS sortent aussi de la forêt, ils terminent une mission de patrouille et de comptage des gorilles et des éléphants. Plus de 10 jours qu’ils sont en forêt, ils sont contents de parler. Le camp paraît soudain surpeuplé. Nous passons l’après-midi à filmer sur travelling des chignons de lianes incroyables, sortent d’énormes tripes végétales qui se déversent par endroit sur le sol de la forêt.

De retour au camp, ça sent le poulet rôti, un véritable rêve ici, c’est un cadeau de Christian, le chef des opérations. Un cuisinier et du gaz sont arrivés, ce repas chaud accompagné de riz et de petit pois en boite nous paraît luxueux!

Luc Jacquet

 

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05/12/2011

Première excursion

La nuit est super bruyante. La veille, ils ont vu Thomas, le plus vieil éléphant de la forêt, un visiteur familier du camp. Moi cette nuit j’entends plutôt les canards dans le ruisseau qui discutent fort. Je rêve d’un permis de chasse… A l’aube les abeilles reprennent leur bourdonnement, mauvaise nuit pour moi malgré le relatif confort de nos carbets.

Ça va mieux ce matin, on va repérer un site sur le baï et tenter de trouver une position de caméra plus près des éléphants et des gorilles. Une heure et demie de sentier à venir. Il faut mettre l’équipe en marche, nous étions tous KO hier soir. Donner un but simple, une manière surtout de commencer à infuser en forêt. Dès les premiers pas sur la piste, nous sommes bouleversés par la taille des arbres qui nous entourent. Comment avons-nous fait pour ne pas les voir hier, ils sont énormes, puissants, tranquilles. C’est aussitôt mille idées d’images qui fusent, nous faisons 50 mètres en une demie d’heure. La forêt est sublime. Il y a des colosses qui luttent entre eux, un arbre énorme pris en étaux par un figuier étrangleur qui l’étouffe, la scène toute végétale qu’elle soit est pathétique, le colosse est condamné. Je prends des points GPS : l’arbre aux singes, l’arbre aux frottis d’éléphants, les lianes. Un plan de bataille se met en route : demain matin Cédric et Benjamin commenceront à acheminer des cordes ici. Il nous tarde de grimper dans les bras de ces géants, les embrasser sur les joues. Des configurations de tournages se profilent pour le film. Pendant que nous faisons des plans sur la comète, des singes font les acrobates au-dessus de nos têtes. On repart, tout le monde sourit, Cédric remarque «là ça va mieux, je préfère vous voir comme ça».

Depuis 5 minutes, ça sent le gorille, cette odeur de fauve tenace que l’on a apprise à reconnaître hier. Notre colonne est silencieuse. Un aboiement, un énorme dos-gris nous charge, jaillissant du feuillage. Comme des poussins effarés nous nous regroupons autour de James, notre guide, qui lui aussi fait de l’intimidation, tapant sur les branches avec sa machette. C’est la consigne apprise hier, ne jamais fuir, faire corps, faire face… Ça marche, le gorille fait demi-tour en bougonnant.

Ça discute ferme ensuite, notre premier gorille à tous, on parle de trouille, de joie, de chance.

Demain, on reprendra le même chemin, nous sommes maintenant au pays des arbres.

Luc Jacquet

 

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© Jake Bryant / envirofoto.com

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